Présentation de l'éditeur:

Our mission is to organize all the information in the world (" Notre mission est d'organiser toute l'information dans le monde ") ; Don't be evil (" Ne sois pas mauvais, méchant "). Tels sont les deux axes principaux de Google Inc. que Barbara Cassin, dans cet essai polémique, examine en philosophe. Elle montre qu'ils se traduisent par deux mots d'ordre : organiser et faire le bien. Comment, dès lors, ne pas entendre le président Bush concluant chacun de ses discours, après le 11 septembre 2001, par un appel à Dieu pour mener la " guerre juste ", " le combat monumental du Bien contre le Mal " ? L'extraordinaire histoire de l'invention de Google, le " meilleur " moteur de recherche, par deux étudiants de Stanford, de son développement jusqu'à son entrée fracassante en bourse, permet à Barbara Cassin d'aborder sous un angle nouveau la question décisive de la dimension culturelle de la démocratie. " Google est un champion de la démocratie culturelle, mais sans culture et sans démocratie. Car il n'est un maître ni en culture (l'information n'est pas la paideia) ni en politique (la démocratie des clics n'est pas une démocratie). "  

 

Présentation de l'éditeur:

Dix milliards de pages web mémorisées... Deux cent millions de requêtes satisfaites chaque jour... gratuitement ! Que cache donc l'insolente réussite de Google, qui pèse aujourd'hui plus lourd dans l'économie américaine que Ford ou Disney ?

Google, c'est d'abord une équation dont la formule, élaborée par deux touche-à-tout de génie, Sergey Brin et Larry Page, est gardée plus secrète que celle du Coca-Cola. Là s'arrête le conte de fées. Car le business model de l'entreprise repose sur la mise aux enchères de liens publicitaires : tandis que les annonceurs se battent pour figurer sur ses pages, Google compte les coups... et les sous. Résultat : ses profits doublent chaque année !

Le char d'assaut écrase tout sur son passage, menaçant la suprématie des géants Microsoft et Yahoo !. Actualités, messagerie, blogs, logiciels gratuits : Google ne cesse de proposer de nouveaux services. Poursuit son projet de bibliothèque numérique universelle, malgré les procès intentés par les éditeurs. Et accumule des milliards de données privées sur ses utilisateurs, que ses détracteurs l'accusent de vouloir un jour monnayer. Ses fondateurs auraient-ils bradé leur philanthropie originelle sur l'autel de la rentabilité ?

Google, meilleur ami de l'internaute, est-il en passe de devenir le Big Brother du village global ? Quel est donc le vrai prix de la gratuité ?

Journaliste et écrivain, Daniel Ichbiah est l'auteur de nombreux livres sur les innovations technologiques : Bill Gates et la saga de Microsoft (Pocket, 1995), Génération MP3 (Mille et une nuits, 2000) et La Saga des jeux vidéo (Pocket 1998, Vuibert 2004), Robots, genèse d'un peuple artificiel (Minerva, 2005).

Extrait du livre :
Un monopole fondé sur un service gratuit

En cette fin de décennie, la force de Google est indéniable. Lany Page, l'un de ses deux fondateurs, aime faire remarquer que ce service de recherche sur le web fait partie du quotidien d'un grand nombre de gens, au même titre que se brosser les dents. Pour une majorité d'internautes, Google est devenu synonyme de «recherche». Sur le sol américain, le terme a même eu l'honneur d'entrer dans le langage courant. En attestent des films tels que Hitch (2005), avec Will Smith : lorsque les personnages se retrouvent confrontés à un problème, ils ont la solution à portée de main : «Laisse-moi une minute pour "googeliser" ça !» Le terme s'est banalisé pour désigner un concept à part entière, à l'instar de marques telles que Frigidaire ou Caddy.
Qui aurait pu croire, en 1996 et 1997, à l'époque où Larry Page et Sergey Brin menaient leurs recherches, que le besoin d'un outil de recherche efficace serait si fort, si déterminant ? Des services comme Yahoo !, AltaVista, HotBot ou Lycos existaient déjà et semblaient satisfaisants. Pourtant, face au développement de l'information sur le Net, leur manque de précision ne tarderait pas à se faire sentir. L'objectif des fondateurs de Google a été, en développant des techniques hautement sophistiquées, de faire de l'ordinateur un documentaliste zélé capable de trouver immédiatement les références d'une citation.
La clé du succès initial de Google ? Avoir su se trouver au bon endroit au bon moment...
L'apparition d'un nouveau média, d'une nouvelle technologie, a invariablement provoqué des bouleversements : certaines sociétés ont tiré profit de telles mutations là ou d'autres, parfois davantage installées sur le marché, n'ont pas saisi la balle au bond. Ainsi, l'éditeur de logiciels Lotus, n° 1 de la microinformatique dans les années 1980, a été balayé, faute d'avoir su miser assez tôt sur le nouveau système Windows de son concurrent d'alors, Microsoft. À la même époque, le producteur de cartes à jouer Nintendo a opéré une diversification avisée dans un loisir qui venait d'émerger : le jeu vidéo. Durant douze années, Nintendo s'est assuré un leadership mondial qui semblait inexpugnable.
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